Eau Vive n°756

Vous cherchez Jésus le Crucifié, il n’est pas ici !

« Soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. » (Mt 28, 5-6)

Ces paroles de l’ange aux femmes qui viennent de bon matin au tombeau, s’adressent aussi à nous aujourd’hui.

Dans un monde où les nouvelles semblent chaque jour plus sombres — guerres qui s’enlisent, violences qui se banalisent, tentations de maîtriser la mort plutôt que de l’accompagner — la fête de Pâques pourrait paraître décalée, presque naïve. Et pourtant, dans notre monde où le christ est crucifié à chaque instant en ses enfants souffrants, c’est précisément dans ce contexte que le mystère pascal retrouve toute sa force.

Le cœur du mystère pascal n’est pas d’ignorer la souffrance. Jésus ne contourne pas la violence du monde : il la porte. Il descend au plus profond de la condition humaine, jusqu’à ce cri bouleversant : « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mc 15,34). Il ne fuit pas la mort : il l’affronte. La résurrection n’efface pas la croix, elle la transfigure. Elle dit que la mort n’a pas le dernier mot, que la logique de destruction n’est pas la loi ultime de l’univers.

Dans un climat où l’on parle « d’aide à mourir » comme d’une solution ; où la jeunesse exprime parfois sa détresse par des actes de violence, Pâques rappelle que la vie humaine n’est jamais réductible à son utilité, à sa performance ou à son confort. Non, la vie est un don, fragile et infiniment précieux, que Dieu relève même lorsqu’elle semble brisée. Le mystère pascal se tient au cœur de la foi chrétienne : « Si le Christ n’est pas ressuscité, vaine est notre foi » (1 Co 15,14).

Comme l’écrit Benoît XVI, la résurrection est « l’irruption d’une dimension nouvelle de l’être humain », une transformation qui ouvre tout notre être à un avenir que la mort ne peut plus verrouiller. Cette transformation c’est le cœur de notre foi et cela nous met en mouvement.

Cessons de chercher Jésus le crucifié, Il est ressuscité et nous devons le donner à voir au monde dans lequel nous vivons. Pour nous qui sommes croyants, la résurrection de Jésus-Christ nous envoie en mission comme le Ressuscité envoie ses disciples : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. » (Mt 28, 10) C’est-à-dire à la croisée des chemins. Oui, « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie » (Jn 20,21). Là où vous vivez, soyez des artisans de paix, en toute circonstance soyez des ambassadeurs de la réconciliation, et soyez les avocats pour défendre la dignité de toute vie autant qu’il sera nécessaire, ainsi c’est par votre vie que la résurrection du Christ sera visible.

Joyeuses Pâques ! Philippe – diacre permanent.