Catégorie : eau vive

  • Eau Vive n°757

    (du 03 au 31 mai 2026)

    La fête de Saint Joseph Travailleur

    Le 1er mai, l’Église catholique célèbre Saint Joseph Travailleur, également appelé Saint Joseph Artisan ou Saint Joseph Ouvrier. Cette fête est distincte de celle du 19 mars, où l’on honore Saint Joseph en tant que époux de la Vierge Marie et patron de l’Église universelle.

    En ce 1er mai, la fête  invite les chrétiens à prier pour : Les travailleurs et les chômeurs, La justice sociale et économique, La sanctification du monde du travail.

    Cette célébration liturgique a été instituée par le pape Pie XII le 1er mai 1955, par la lettre apostolique Multum diu. Le choix de cette date n’est pas anodin : elle coïncide exactement avec la Journée internationale des travailleurs (le « 1er mai » laïque), fête née à la fin du XIXe siècle en mémoire des luttes ouvrières, est devenue un symbole important dans les mouvements socialistes et communistes.

    Pie XII a voulu offrir aux travailleurs un patron chrétien et une vision évangélique du travail, face à l’influence grandissante des idéologies matérialistes qui voyaient le travail uniquement comme une lutte de classes. En plaçant Saint Joseph sous ce patronage le même jour, l’Église a cherché à christianiser cette fête populaire et à rappeler la dignité du travail humain quand il est accompli avec honnêteté, humilité et dans l’amour.

    Dans les Évangiles, Saint Joseph est décrit comme un Tekton (terme grec signifiant artisan, charpentier ou ouvrier du bois et de la construction). À Nazareth, il exerce un métier manuel pour subvenir aux besoins de la Sainte Famille : Marie et l’enfant Jésus. Il transmet même son savoir-faire à Jésus, qui est appelé « le fils du charpentier » (Mt 13,55). Saint Joseph incarne donc : Le travail humble et quotidien, La providence familiale par le labeur, La dignité de toute personne qui travaille, Une spiritualité du travail offert à Dieu. L’Église le présente comme modèle et protecteur des travailleurs, des artisans, des pères de famille et de tous ceux qui gagnent leur pain à la sueur de leur front.

    Le pape François a souvent insisté sur cette figure, notamment dans son encyclique Patris Corde (2020) et ses catéchèses. Il rappelle que « le travail est une vocation de l’homme », un moyen de réalisation personnelle, de service aux autres et de participation à l’œuvre créatrice de Dieu. Saint Joseph nous enseigne que la force réside dans la discrétion, que la grandeur naît du service et que la foi s’exprime dans les actes.  Dans un monde en quête de repères, sa figure demeure un phare, un guide silencieux mais puissant sur le chemin du devoir et de la fidélité. Il prie aussi pour que « personne ne soit sans travail » et pour des conditions de travail justes et dignes.

    Une belle prière composée par Pie XII dit notamment : « Ô Joseph, modèle des travailleurs, obtiens-nous la grâce de travailler dans la justice et la charité, pour que notre labeur contribue à la construction du Royaume de Dieu. »

    Bonne fête de Saint Joseph Travailleur à tous ceux qui travaillent, cherchent du travail ou soutiennent les travailleurs !

    Père Kurian THEKKEL

  • Eau Vive n°756

    Vous cherchez Jésus le Crucifié, il n’est pas ici !

    « Soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. » (Mt 28, 5-6)

    Ces paroles de l’ange aux femmes qui viennent de bon matin au tombeau, s’adressent aussi à nous aujourd’hui.

    Dans un monde où les nouvelles semblent chaque jour plus sombres — guerres qui s’enlisent, violences qui se banalisent, tentations de maîtriser la mort plutôt que de l’accompagner — la fête de Pâques pourrait paraître décalée, presque naïve. Et pourtant, dans notre monde où le christ est crucifié à chaque instant en ses enfants souffrants, c’est précisément dans ce contexte que le mystère pascal retrouve toute sa force.

    Le cœur du mystère pascal n’est pas d’ignorer la souffrance. Jésus ne contourne pas la violence du monde : il la porte. Il descend au plus profond de la condition humaine, jusqu’à ce cri bouleversant : « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mc 15,34). Il ne fuit pas la mort : il l’affronte. La résurrection n’efface pas la croix, elle la transfigure. Elle dit que la mort n’a pas le dernier mot, que la logique de destruction n’est pas la loi ultime de l’univers.

    Dans un climat où l’on parle « d’aide à mourir » comme d’une solution ; où la jeunesse exprime parfois sa détresse par des actes de violence, Pâques rappelle que la vie humaine n’est jamais réductible à son utilité, à sa performance ou à son confort. Non, la vie est un don, fragile et infiniment précieux, que Dieu relève même lorsqu’elle semble brisée. Le mystère pascal se tient au cœur de la foi chrétienne : « Si le Christ n’est pas ressuscité, vaine est notre foi » (1 Co 15,14).

    Comme l’écrit Benoît XVI, la résurrection est « l’irruption d’une dimension nouvelle de l’être humain », une transformation qui ouvre tout notre être à un avenir que la mort ne peut plus verrouiller. Cette transformation c’est le cœur de notre foi et cela nous met en mouvement.

    Cessons de chercher Jésus le crucifié, Il est ressuscité et nous devons le donner à voir au monde dans lequel nous vivons. Pour nous qui sommes croyants, la résurrection de Jésus-Christ nous envoie en mission comme le Ressuscité envoie ses disciples : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. » (Mt 28, 10) C’est-à-dire à la croisée des chemins. Oui, « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie » (Jn 20,21). Là où vous vivez, soyez des artisans de paix, en toute circonstance soyez des ambassadeurs de la réconciliation, et soyez les avocats pour défendre la dignité de toute vie autant qu’il sera nécessaire, ainsi c’est par votre vie que la résurrection du Christ sera visible.

    Joyeuses Pâques ! Philippe – diacre permanent.

  • Eau Vive n°755

    Du 1er au 29 mars 2026

    « Le prochain : le lieu où Dieu nous attend »

    Au cours du Carême, l’Église nous propose toujours trois chemins : la prière, le jeûne et l’aumône. Jésus lui-même en parle dans l’Évangile : « Quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite » (Mt 6,3). Ce conseil montre que l’aumône n’est pas un geste extérieur destiné à être remarqué, mais un acte intérieur qui transforme le cœur. Le Carême n’est donc pas seulement un temps pour corriger nos défauts personnels ; il est un temps pour apprendre à aimer davantage. Nous vivons souvent entourés de monde mais intérieurement isolés. Pris par nos occupations, nos écrans…nous passons à côté des personnes sans vraiment les rencontrer. Le Carême vient alors réveiller notre regard et nous apprendre à voir autrement ceux qui nous entourent.

    Dans la Bible, l’aumône ne se limite pas à une question d’argent. Elle est d’abord un acte de miséricorde. Le livre de Tobie affirme : « L’aumône délivre de la mort et elle purifie de tout péché » (Tb 12,9). Cette parole peut surprendre, mais elle signifie que le partage combat ce qui ferme le cœur humain : l’indifférence et l’égoïsme. Donner, ce n’est pas simplement offrir quelque chose que l’on possède ; c’est reconnaître la dignité de celui que l’on rencontre. Le Catéchisme de l’Église catholique rappelle que « les œuvres de miséricorde sont des actions charitables par lesquelles nous venons en aide à notre prochain dans ses besoins corporels et spirituels » (CEC §2447). Ainsi, écouter, consoler, encourager ou pardonner font pleinement partie de l’aumône chrétienne.

    L’Évangile va encore plus loin, car Jésus s’identifie lui-même à ceux qui ont besoin des autres. Dans la scène du jugement dernier, il déclare : « J’avais faim et vous m’avez donné à manger… Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25,35-40). Cette parole change notre manière de voir le prochain. La personne fragile ou isolée n’est plus seulement quelqu’un à aider, mais un lieu de rencontre avec Dieu. Aimer concrètement devient déjà prier. Les premiers chrétiens l’avaient bien compris : on ne peut pas honorer le Christ dans l’Eucharistie sans reconnaître le Christ présent dans celui qui souffre. Le Carême nous apprend ainsi que la foi passe toujours par une relation vécue.

    Nous pensons spontanément que l’aumône profite surtout à celui qui reçoit. Pourtant elle transforme d’abord celui qui donne. Saint Paul affirme : « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » (Ac 20,35). En sortant de nous-mêmes, nous découvrons une liberté nouvelle. Peu à peu, nos inquiétudes diminuent et une paix intérieure apparaît. Le cœur humain n’est pas fait pour vivre refermé sur lui-même, mais pour la communion. Le pape François rappelait souvent que la charité chrétienne n’est pas seulement une solidarité sociale ; elle est une rencontre personnelle, un regard posé sur quelqu’un, une présence offerte gratuitement. L’aumône ouvre alors un espace où Dieu peut agir en nous.

    Le Carême ne demande pas des actions extraordinaires mais des gestes vrais et accessibles à tous. Chacun peut poser un acte concret : prendre du temps pour une personne seule, renouer un dialogue abîmé, poser un pardon, rendre un service sans attendre de retour ou partager selon ses possibilités. Le prophète Isaïe résume admirablement le jeûne qui plaît à Dieu : « Partage ton pain avec celui qui a faim, accueille chez toi les pauvres sans abri… alors ta lumière jaillira comme l’aurore » (Is 58,7-8). Ce passage montre que la foi ne reste pas intérieure ; elle devient lumière pour les autres. Même un geste très simple peut devenir un signe de Dieu pour quelqu’un.

    Enfin, l’aumône nous prépare à comprendre le mystère de Pâques. Jésus ne sauve pas le monde par des discours mais par le don total de sa vie. En donnant un peu de nous-mêmes, nous entrons déjà dans ce mouvement d’amour. Nous découvrons alors que la foi ne consiste pas seulement à parler à Dieu, mais à Lui permettre d’aimer les autres à travers nous. Le Carême devient ainsi un chemin de transformation réelle : notre regard change, notre cœur s’ouvre et nos relations se pacifient. Peu à peu, nous ne voyons plus seulement des inconnus autour de nous, mais des frères. Que ce mois de mars nous conduise vers cette joie intérieure et nous prépare à accueillir pleinement la lumière de Pâques.

    Bon chemin de Carême à tous. Père Jean-Claude AYIVI BIDI, vicaire

  • EV n° 754

    Carême : un temps de transformation spirituelle

    Le Carême 2026 commence le mercredi 18 février (Mercredi des Cendres) et se termine le 2 avril (jeudi saint), juste avant Pâques le 5 avril 2026.

    Dans la tradition chrétienne, le Carême occupe une place centrale dans l’année liturgique. Cette période de 40 jours (sans compter les dimanches) qui s’étend du Mercredi des Cendres à la veille du Jeudi Saint n’est pas simplement une tradition ancestrale ou une série de privations. Elle constitue un chemin spirituel profond, une invitation pressante à la conversion, à la purification du cœur et à une préparation joyeuse à la fête de Pâques, célébration de la Résurrection du Christ.

    Pourquoi précisément 40 jours ? Le chiffre 40 traverse toute la Bible comme un symbole fort de préparation, d’épreuve, de purification et de passage vers une vie nouvelle. Le déluge dura 40 jours et 40 nuits : un temps de jugement mais aussi de renouvellement de l’alliance avec Noé. Le peuple d’Israël erra 40 ans dans le désert après la sortie d’Égypte avant d’entrer en Terre promise.

    Si le Carême est vécu individuellement, il est aussi profondément ecclésial. Depuis le IVᵉ siècle, l’Église propose ce temps fort à toute la communauté pour s’encourager mutuellement dans le « combat spirituel ». Les catéchumènes qui se préparent au baptême à Pâques vivent particulièrement intensément ces 40 jours : leur chemin devient le chemin de toute l’Église. Observer le Carême, c’est refuser de rester immobile spirituellement. C’est accepter d’être remué, interrogé, purifié. C’est reconnaître ses faiblesses, ses addictions, ses indifférences, et les remettre entre les mains miséricordieuses de Dieu.

    Vers la joie de Pâques, le Carême n’est pas une fin en soi. Il trouve son sens dans la Résurrection. Les efforts, les chutes, les reprises, les petites victoires accumulées pendant ces 40 jours préparent le cœur à accueillir pleinement la victoire du Christ sur le péché et la mort. Comme le peuple hébreu sortant du désert pour entrer en Terre promise, comme Jésus sortant victorieux des tentations pour annoncer la Bonne Nouvelle, le chrétien qui vit vraiment le Carême, sort transformer : plus libre, plus proche avec Dieu par la prière, plus proche des autres par le partage², plus habité par l’espérance.

    « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile » (Mc 1,15). Ces paroles prononcées avec les cendres sur le front le Mercredi des Cendres résonnent comme une invitation pressante : ces 40 jours ne sont pas une perte de temps, mais le temps le plus précieux de l’année pour laisser Dieu refaire en nous son image. En 2026, plusieurs diocèses et le CCFD-Terre Solidaire en France mettent l’accent sur la souveraineté alimentaire et la lutte contre la faim, avec le slogan « Face à la faim, unissons nos pouvoirs ». C’est une campagne de solidarité internationale qui invite à la prière, au partage et à l’action concrète

    Bon et saint Carême à chacun ! Père Kurian THEKKEL

  • EAU VIVE N°753

    Du dimanche 04 janvier au dimanche 25 janvier 2026

    Le premier dimanche de l’année 2026 nous fêtons l’épiphanie du Seigneur dans nos églises, et dans nos maisons aussi, en positionnant les 3 rois mages dans la crèche, sans oublier de partager la galette traditionnelle ! Ce moment convivial que nous vivons chaque année dans nos familles, dans nos paroisses ou dans nos associations ne doit pas nous dispenser de rappeler la signification de cette fête.

    Le terme « épiphanie » (du grec *epiphaneia*) veut dire « manifestation ». Il désigne les moments où Dieu se manifeste de manière particulière aux hommes.  Ainsi, Matthieu dans son évangile (Mt 2, 1-12) nous relate la visite de mages, venus de très loin en Orient, guidés par une étoile, pour adorer l’Enfant Jésus car ils reconnaissent en lui le Roi des juifs et lui offrent de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Bien que ce soit dans l’humilité la plus totale, il s’agit bien ici de manifester que l’enfant-Jésus est annoncé comme Roi, non seulement des juifs, mais aussi du monde païen (représenté par les mages). Ainsi, au seuil de la crèche, l’universalité du salut que le Christ veut apporter à toutes les nations nous

    est manifestée.

    Mais, voyons un peu plus loin : nous allons découvrir que la liturgie du mois de janvier nous emmène d’épiphanies en épiphanies…

    Lorsque Jésus est baptisé par Jean-Baptiste dans le Jourdain, l’Esprit Saint descend sur lui sous la forme d’une colombe, et une voix céleste proclame :  » Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je trouve ma joie » (Mt 3, 13-17). C’est l’évangile du deuxième dimanche de ce mois où nous est manifestée la nature divine de Jésus.

    Cet évènement, est tellement important, qu’il est repris dans l’évangile de Jean (Jn 1, 29-34) le troisième dimanche de janvier et se termine par ces mots : « Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu »

    Encore une « épiphanie » !

    Au seuil de cette nouvelle année, nous pouvons nous émerveiller de ce Dieu qui n’a de cesse de vouloir se révéler aux hommes, et il y aura d’autres pages de la bible « épiphaniques » comme le récit de la transfiguration du Jésus, la pentecôte… pour nous le prouver encore. Mais, plus encore, soyons attentifs à ce que nous vivons au quotidien, et nous découvrirons au gré de telle ou telle rencontre, tel ou tel évènement, des manifestations de la Providence qui viennent nous réconforter ou nous guider.

    Oui, Dieu est bien présent au cœur de nos vies ! Alors, je vous souhaite une belle année 2026 riche en « épiphanies » !

    Philippe VINCENT – diacre

  • Eau Vive n°752

    Le Pardon : un chemin vers Noël

    Le mois de décembre ouvre pour nous un chemin particulier : celui de l’Avent, temps où l’Église se prépare à accueillir le Prince de la Paix. Or, il n’y a pas de paix sans pardon. Noël n’est pas seulement la fête de la naissance de Jésus ; il est la célébration du Dieu qui vient réconcilier l’humanité avec Lui et les hommes entre eux. À ce titre, vivre le pardon n’est pas une option : c’est un passage essentiel pour laisser le Christ naître dans nos cœurs.

    La Bible place le pardon au centre de la révélation. Dans l’Ancien Testament déjà, Dieu se présente comme « lent à la colère et riche en miséricorde » (Ex 34,6). Les psaumes rappellent que « le Seigneur est tendresse et pitié » (Ps 102,8) et qu’il « jette au fond de la mer » nos fautes (Mi 7,19). Lorsque Jésus vient parmi nous, il ne fait qu’accomplir cette logique divine : il pardonne avant de guérir (Mc 2,5), il enseigne que le pardon doit être sans mesure « jusqu’à soixante-dix fois sept fois » (Mt 18,22) et il confie à ses disciples la mission d’être dans le monde les ministres de la réconciliation (Jn 20,23). Par ailleurs, les Pères de l’Église nous enseignent que le pardon n’est pas un effort moral seulement, mais une transformation intérieure. Saint Augustin affirme que « celui qui ne pardonne pas ne peut accueillir la paix du Christ », car son cœur reste fermé à la grâce. Saint Jean Chrysostome insiste : « Rien n’imite davantage Dieu que le fait de pardonner à ses ennemis ». Alors que Noël nous montre un Dieu qui se fait vulnérable, les Pères nous rappellent que le pardon est lui aussi un acte de vulnérabilité assumée : renoncer à la vengeance, se défaire de la dureté, laisser Dieu ouvrir en nous un espace pour l’autre.

    Les papes de notre temps reprennent cette exigence avec force. Benoît XVI rappelle que « le pardon est le cœur du christianisme, parce qu’il révèle la logique de l’amour qui se donne » (Angelus, 18.02.2007). Le pape François souligne que le pardon est une libération : « Nous nous faisons du mal lorsque nous gardons tout en nous ; le pardon est un acte de courage et d’espérance » (Audience générale, 19.02.2014). Noël devient alors un appel : si Dieu vient vers nous malgré nos infidélités, comment refuser de faire un pas vers celui ou celle que nous avons blessé ou qui nous a blessé ?

    Dans nos familles, nos paroisses, nos lieux de travail, le pardon ouvre les portes de relations nouvelles. Ce n’est pas oublier, ce n’est pas excuser, mais choisir de ne plus laisser la blessure gouverner notre cœur. C’est peut-être l’offrande la plus belle que nous puissions présenter à l’Enfant de la crèche : un cœur pacifié, réconcilié, disponible à la paix véritable. Sur le chemin vers Noël, demandons au Seigneur la grâce d’un pardon concret : un appel, une visite, un mot simple, parfois même seulement une prière pour celui que nous n’arrivons pas encore à rencontrer. Le Christ qui vient nous donnera le reste.

    Joyeux Noël !

    Père Jean-Claude AYIVI BIDI, vicaire

  • Eau Vive N°751

    Du dimanche 2 novembre au dimanche 30 novembre 2025

    Honorer la Mémoire de Nos Défunts : Une Commémoration Solennelle

    Chaque année, le 2 novembre, l’Église se réunit pour rendre hommage à ceux qui nous ont quittés. Ce moment de recueillement, de prière et de mémoire permet de célébrer la vie des défunts et de soutenir ceux qui restent. En cette occasion spéciale, nous mettons en lumière l’importance de la commémoration des défunts. Les fidèles sont invités à se rassembler pour prier ensemble, se remémorer les moments partagés et évoquer les souvenirs précieux.

    C’est une occasion de rappeler que la mort n’est pas une fin, mais un passage vers une nouvelle vie.

    En célébrant l’Eucharistie, nous portons dans notre prière nos parents, amis et confrères défunts, et demandons au Seigneur de raffermir notre foi et notre espérance de la vie éternelle. Le pape François a rappelé que Jésus a été le premier à emprunter cette voie. Avec sa croix, il a ouvert la porte de l’espérance. Nous devons prier pour nos défunts. Nous les portons dans la prière parce que le Christ a ouvert pour tous les portes du tombeau et qu’il nous appelle tous à la vie en plénitude. La prière pour les défunts est l’expression de notre solidarité avec ces membres de l’Église qui nous précèdent  sur la route vers la maison du Père.

    Donc Vivre dans la mémoire de nos disparus ne doit pas être considéré comme mortifère et déprimant. C’est au contraire un vrai témoignage de foi dans la résurrection et la vie éternelle.

    Prier pour les défunts, c’est raviver notre espérance face à la réalité mystérieuse de la mort. Nous nous rappelons que la résurrection de Jésus nous ouvre un chemin. Avec lui nous sommes sûrs de triompher de la mort et du péché, dès maintenant et pour l’éternité. Cette prière nous invite également à réfléchir sur notre vie et à voir ce qui en fait la valeur. La seule chose qui en restera c’est notre amour pour Dieu et pour tous nos frères. Comme Jésus disait : « Tout ce que nous aurons fait au plus petit d’entre les siens, c’est à lui que nous l’aurons fait ». Celui qui croit en Jésus découvre avec émerveillement que la mort n’a pas le dernier mot. Ce qui compte désormais, c’est de suivre Jésus et de lui rester fidèles.

    Nous sommes tous des pèlerins passant par ce monde en chemin vers l’éternité. En honorant la mémoire de ceux qui nous ont quittés, nous affirmons notre conviction que la vie continue au-delà de la mort et que notre communauté reste soudée. Que cette célébration soit une source de réconfort et d’espoir pour tous. Prions donc avec confiance pour nos défunts en reprenant en leur nom les paroles du Psalmiste : « Le Seigneur est ma lumière et mon salut ; de qui aurais-je crainte ? Le Seigneur est le rempart de ma vie ; devant qui tremblerais-je ? J’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants. J’habiterai la maison du Seigneur tous les jours de ma vie« » (Ps 26).

    « Ouvre, Seigneur, à nos frères défunts ta maison de lumière et de paix »

    Par Jésus le Christ, Notre Seigneur. Amen. Père Kurian THEKKEL, curé

    NOUS AVONS TOUS UNE BONNE RAISON DE SOUTENIR L’ÉGLISE ! Le Denier est l’une des ressources principales de l’Église, lui permettant de rémunérer les personnes qui œuvrent quotidiennement à sa mission (prêtres, les soeurs), mais également la formation des séminaristes et les retraites des prêtres âgés. Chaque catholique est appelé à contribuer chaque année au Denier : c’est cet engagement qui nous permet d’assurer la continuité des accompagnements pastoraux et votre accueil dans la maison de Dieu. Aujourd’hui seul 1 catholique sur 10 en moyenne participe chaque année à la collecte du Denier. Nous avons tous une bonne raison de soutenir notre Église : • Pour qu’elle accompagne les grands moments de notre existence (baptême, mariage, funérailles…) et notre quotidien, par sa présence, par la célébration des messes et l’organisation d’évènements paroissiaux. • Pour qu’elle permette à tous de découvrir la joie de croire en Jésus Christ, grâce aux propositions adressées aux plus jeunes (catéchèse, aumônerie, pastorale des jeunes…), mais aussi à ceux qui sont plus éloignés de l’Église, dans les prisons ou les EHPAD. • Pour qu’elle puisse porter la Bonne Nouvelle du Christ au Monde, en prenant la parole sur des sujets qui concernent toute la société, pour faire entendre le discours de paix et d’amour universel du Christ au-delà de notre communauté. Quels que soient nos liens avec l’Église, sa mission est essentielle et, en tant que baptisés, nous sommes invités à la soutenir, en participant chaque année à la collecte du Denier. Quel que soit son montant, chaque don est important. Un grand merci pour votre geste en soutien à la Mission ! Comment faire un don ? • Par carte bancaire, allez sur « donnons-aixarles.catholique.fr » • Par chèque, libellés à l’ordre de « Association diocésaine d’Aix et Arles » et envoyés à «  Association diocésaine d’Aix et Arles » : 7 cours de la Trinité CS 7078213625 Aix en Provence CEDEX 1 Pour répartir votre soutien dans l’année, et ne plus avoir à y penser, vous pouvez également souscrire un prélèvement automatique mensuel, trimestriel ou annuel. Déduction fiscale Si vous êtes imposable, votre don à l’Église est déductible de votre impôt sur le revenu à hauteur de 66 % de son montant, dans la limite de 20 % de votre revenu imposable. Des tracts sont disponibles à l’entrée de notre église pour en savoir plus sur le Denier et réaliser votre don ponctuel ou régulier
                   Solennité du Christ Roi Célébration d’une messe d’Action de Grâce en l’honneur des enfants baptisés au cours de cette année dans notre unité pastorale. Samedi 22 novembre : 18h00, à Jouques et à MeyrarguesDimanche 23 novembre : 9h30, au Puy-Sainte-Réparade11h00, à Peyrolles-en-Provence
    Agenda

    NOUVEAU ! : Initiation d’un groupe du Rosaire. Moment où les participants se retrouvent pour réciter les prières du Rosaire et méditer sur ses mystères.

    Rendez-vous le vendredi 21 novembre, dans chapelle de l’église de Meyrargues de 20h00 à 21h30.

    A partir de 19h30, l’accueil se fera avec le partage d’une petite collation.

    NB : Marie vous attend !

    • Groupe Fraternité de Peyrolles : le jeudi 6 novembre à 20h, salle Jean-Paul II de Peyrolles
    • Bible : prochaine rencontre, le 5 novembre à 18h15, salle Jean-Paul II de Peyrolles
    • Groupe Fraternité du Puy Ste-Réparade : 19h30 au presbytère (5 av de la Bourgade)

    Messes dans les maisons de retraite :

    • Mercredi 12 novembre ,15h00 au Puy, « Les Lubérons »
    • Mercredi 19 novembre, 14h45 à Peyrolles, « La Cascade »
    • Mercredi 26 novembre, 15h00, à Jouques, « Fontclair »

    Offices dominicaux des week-ends du 2 au 30 novembre 2025

    JouquesDimanche 02/11 11h00Samedi 08/11 18h00Dimanche 16/11 11hSamedi 22/11 18h00Samedi 29/11 18H00
    Le PuySamedi 01/11 09h30Dimanche 09/11 09h30Samedi 15/11 18h00Dimanche 23/11 9h30Dimanche 30/11 10h30, Fête de l’UP
    MeyrarguesDimanche 02/11 09h30Samedi 08/11 18h00Dimanche 16/11 09h30Samedi 22/11 18h00Dimanche 30/11 10h30, messe unique au Puy
    PeyrollesSamedi 01/11 18h00Dimanche 09/11 11hSamedi 15/11 18h00Dimanche 23/11 11hSamedi 29/11 Messe unique à Jouques
    Baptêmes Le Puy :  15 novembre : Ornella LATRECHEMariages Peyrolles : 15 novembre : Philippe BERTOT et Ludyvine COLIEN
  • Missionnaires d’Espérance – EV 750

    Comme chaque année, le mois d’octobre est consacré à la mission, et tout particulièrement le dimanche 19 octobre qui sera la « journée mondiale des missions » sur le thème « Missionnaires de l’espérance parmi les peuples ». Nous l’avons bien compris, il ne s’agit pas de se tourner vers le passé dans une douce nostalgie commémorative des nombreux missionnaires, pour la plupart européens, des siècles passés, mais bien de se poser la question pour nous même : c’est quoi être missionnaire ? car nous sommes tous concernés !

    En la matière nous sommes guidés par notre pape Léon XIV qui fût missionnaire au Pérou entre 1985 et 1998 et qui se décrit lui-même comme un missionnaire du XXI siècle. Pour lui, être missionnaire, c’est :

    Être envoyé : « missionnaire » vient du mot latin missio (envoyé) ainsi, c’est Dieu qui nous envoie en qualité de baptisé auprès de nos frères et sœurs.

    Témoigner par sa vie, car un missionnaire c’est avant-tout celui qui simplement dans son comportement, sa joie et son engagement donne à voir que la foi chrétienne est une source d’espérance.

    Servir les autres : Notre pape nous a montré, au Pérou, l’importance de se pencher sur les plus pauvres, les malades, les exclus, et d’aborder les besoins concrets des personnes avant de leur parler de Jésus. « Ventre affamé n’a pas d’oreille » nous dit la sagesse populaire.

    Annoncer la bonne nouvelle : C’est communiquer la beauté de la foi, et la beauté de la joie de connaitre Jésus.[1] Cela implique de parler de Jésus-Christ lorsque cela se présente, dans le respect des personnes rencontrées en s’adaptant à leur culture.

    Vivre l’espérance : Les missionnaires incarnent l’espérance chrétienne en témoignant de la bonté et de la tendresse du Christ. En s’adressant particulièrement à l’Eglise de France lors des célébrations du centenaire de la canonisation de Jean Eudes, Jean-Marie Vianney et Thérèse de Lisieux, le pape nous invite à ne pas se contenter de regarder le passé avec nostalgie, mais que ces célébrations réveillent l’espérance et suscite un nouvel élan missionnaire. » [2] La mission n’est pas un devoir, c’est une réponse joyeuse à l’amour de Dieu, qui suscite l’espérance dans le cœur. »[3]

    En d’autres termes, être missionnaire c’est porter l’espérance du Christ au monde, en montrant que notre foi est vivante et transformante, même dans les contextes les plus difficiles.[4] Et les évangiles des prochains dimanches ne cesseront de nous le rappeler.

    Ainsi, ayons l’audace d’être missionnaire, de vivre notre foi de manière active et généreuse, c’est ainsi que nous serons des signes visibles de l’amour de Dieu pour tous. Cela peut se vivre partout : dans son travail, sa famille, ici comme à l’autre bout du monde, et peut-être sans nous en rendre compte … en témoignent le nombre croissant d’adultes qui demandent le baptême. Alors, Bonne mission !

    Philippe VINCENT – diacre.


    [1]  Cardinal Robert-Francis Prevost (Léon XIV) mai 2023 France-catholique

    [2] Léon XIV Première lettre aux pasteurs de l’Eglise de France

    [3] Léon XIV Vaticannews mai 2025

    [4] Léon XIV Première lettre aux pasteurs de l’Eglise de France

  • Eau vive 748

    Reposer notre cœur en Dieu

    Alors que l’été approche à grands pas et que les vacances se profilent à l’horizon, je souhaite prendre un moment pour réfléchir avec vous sur cette période tant attendue.

    Les vacances sont souvent synonyme de repos, de découverte et de ressourcement. Après ces mois de travail et d’engagement, il est bon de pouvoir souffler, de se décharger du poids de nos obligations et de reposer notre cœur en Dieu. Ce temps de pause est précieux. Il nous permet de nous asseoir un instant pour réfléchir à notre vie personnelle, professionnelle et spirituelle. C’est l’occasion de regarder les personnes qui nous entourent avec des yeux neufs, de cultiver le silence et d’écouter ce que Dieu veut nous dire à travers la beauté de la création.
    Que vous partiez loin ou que vous restiez près de chez vous, je vous invite à faire de ces vacances un temps privilégié pour nourrir votre foi. Prenez le temps de lire la Parole de Dieu, de prier, de contempler la nature qui nous parle tant de la grandeur du Créateur. Le Christ lui-même se retirait souvent pour prier et se reposer. Suivons son exemple. Soyons attentifs à nos frères et sœurs, manifestons-leur notre charité et notre présence fraternelle d’accueil. L’accueil et l’amour seront toujours le noyau de la vie chrétienne, envers tous. Jésus, tout au long de son ministère, s’est voulu de manière concrète le témoin de l’accueil de Dieu pour chacun. Tout au long de la période d’été, nous aurons l’occasion d’accueillir ou d’être accueillis en famille. Nous rencontrerons des personnes différentes venues d’ailleurs.

    En écoutant la Parole de Dieu, nous comprenons qu’accueillir l’autre c’est écouter ses confidences, partager ses joies et ses peines. Ce qui est important ce n’est pas la quantité et le luxe mais les qualités de l’accueil. Nous chrétiens, nous avons appris qu’à travers ces personnes que nous rencontrons, c’est Dieu qui est là, c’est lui que nous accueillons ou que nous refusons d’accueillir. N’oublions pas : c’est à nos qualités d’amour et d’accueil que nous serons reconnus comme disciples du Christ.


    Dans une de ses lettres, Saint Paul nous parle du jour le plus important de notre vie, celui où nous avons été accueillis dans la grande famille des chrétiens. Nous l’avons compris, c’est du baptême dont il s’agit. Actuellement, nous avons un peu de mal à nous en rendre compte. Mais il faut savoir que dans l’Église primitive, les nouveaux baptisés venaient d’un monde sans Dieu. Pour eux, la vie n’avait aucun sens. Mais Dieu les a rejoints et les a accueillis. Le baptême était pour eux une nouvelle naissance ; c’était une rupture radicale avec l’existence qu’ils avaient connue jusque-là. Désormais nous choisissons d’accueillir le Christ et de le mettre au cœur de notre vie. Si nous nous sentons réellement frères et sœurs, nous pourrons commencer à comprendre comment faire le bon accueil et à dialoguer avec respect.


    Que la Vierge Marie vous accompagne sur vos routes et qu’elle rende vos vacances sereines et joyeuses. Que ce temps de repos vous permette de revenir ressourcés et remplis d’espérance pour la rentrée pastorale.Je vous assure de ma prière et vous souhaite à toutes et à tous de bonnes et saintes vacances !

    Père Kurian, curé

  • EV 747

    Une, Sainte, Catholique et Apostolique

    Alors que nous venons tout juste d’accueillir avec émotion et confiance, un nouveau Pape, je ne peux pas résister à la tentation de vous parler de l’Eglise.

    Notre Sainte Eglise catholique, en laquelle nous croyons et qu’il nous faut aimer comme Jésus, car elle est Une, Sainte, Catholique et Apostolique. Grâce à quoi ?…… à l’Esprit Saint !

    Cet Esprit Saint qui est un cadeau de Dieu qui nous est envoyé au nom de Jésus et qui est à l’œuvre dans l’Eglise d’aujourd’hui, comme il l’était déjà à son commencement. Nous pouvons nous en émerveiller dans les récits des actes des apôtres qui nous sont proposés cette année en lecture cursive depuis Pâques. On observe comment « le défenseur » est à l’œuvre dans la première communauté au moment de ce que l’on peut appeler le premier concile de Jérusalem.

    De quoi s’agit-il ? Nous sommes environ vers l’an 50, soit 16 à 20 ans après la Pentecôte, nous sommes à Antioche de Syrie, c’est-à-dire aujourd’hui Antakya en Turquie, donc loin au nord de Jérusalem et cette communauté a été fondée par des juifs de langue grecque, qui sont devenus chrétiens et qui ont émigré à cause de la persécution qui a suivi le martyre de saint Etienne. (Actes 11.)  Arrivant à Antioche, que font-ils ? Ils annoncent l’Evangile, et bon nombre de païens se convertissent. D’ailleurs, c’est à Antioche que, pour la première fois, le nom de chrétiens fut donné avec dédain et pour se moquer des disciples de Jésus-le-Christ.

    Mais un problème se pose, pour avoir le Salut ne faut-il pas que ces païens nouveaux baptisés passent par le judaïsme et en observe toutes les lois et la circoncision ? Certains fondamentalistes pensent que oui, tandis que Paul et Barnabé soutiennent que c’est uniquement le baptême qui sauve. La question est épineuse ! Et les esprits s’échauffent un peu (Acte 15, 1) et malgré les 700 km de distance, ils n’hésitent pas à en référer à l’Eglise qui est à Jérusalem. (Actes 11. 22) Pour les juifs devenus disciples du Christ, ce n’est pas facile d’admettre que les païens puissent participer à la même promesse qu’Israël, à la même Alliance universelle, sans passer par ce rite qui était le rite d’agrégation par excellence depuis Abraham !

    Mais déjà, on peut s’émerveiller de voir que l’Eglise est « Une », elle fait bloc, et si une difficulté survient, la communauté d’Antioche ne fait pas cavalier seul, et ne se juge pas “auto-suffisante”, elle se tourne vers celle de Jérusalem pour en débattre parce que c’est là que les apôtres de Jésus y résident encore. Ainsi, si chaque communauté est bien « l’Eglise » c’est parce qu’elle vit sa propre grâce en référence au ministère des apôtres. C’est d’eux qu’elle détient le mandat. L’Eglise est Apostolique ! Et c’est toujours le cas à ce jour, avec les successeurs des apôtres que sont nos évêques. Dans sa vision de la Jérusalem céleste, Jean dira : »la muraille de la ville reposait sur douze fondations portant le nom des douze apôtres. » (Ap 21, 22)

    C’est à cette condition, que l’Eglise peut dire avec cette humilité magnifique et confondante : ”L’Esprit-Saint et nous-mêmes avons décidé.” (Ac 15, 28) Mais il faut cette double condition : Personne ne peut se dire l’interprète de l’Esprit-Saint s’il n’a pas la garantie apostolique. C’est ce qui nous permet de dire, aujourd’hui encore, que l’Eglise est Sainte et Apostolique.

    Ainsi, dans la prière, la sagesse de l’Esprit Saint va les amener à discerner que les rites ne peuvent limiter le Salut de Dieu à un seul peuple, fût-il le Peuple choisi. Non, l’Alliance voulue par le Seigneur concerne tous les hommes. Dieu veut une Eglise universelle, Katolikôs en grec : une Eglise Catholique, qui est basée sur l’amour et l’Alliance conclue au temps de Noé, mais qui veut que le salut soit accessible à tous les hommes. C’est une grande richesse de notre Eglise, qu’elle soit, dans son ADN, soucieuse de l’humanité entière : cela se traduit dans notre liturgie eucharistique, ou dans la grande prière universelle du vendredi saint (où l’on prie pour les membres des autres religions, les non croyants…) et la prière du jubilé « … que nous puissions faire fructifier les semences de l’Evangile, qui feront grandir l’humanité et la création tout entière »

    Ainsi, depuis l’origine nous voyons comme le Seigneur nous a bâti une Eglise Sainte parce qu’inspirée par l’Esprit-Saint ; Une, c’est à dire unifiée et centré sur le Christ qui en est la pierre angulaire, Catholique c’est-à-dire universelle, car le Seigneur veut le Salut de tous les hommes ; Apostolique parce qu’elle est appuyée sur la foi des apôtres ! Quelle merveille que notre Eglise, frères et sœurs ! Soyons en fiers, aimons là car elle nous donne la vie.

    Philippe VINCENT-diacre